Chargement des données…
Effort : dépenses publiques (COFOG) en % du PIB · Bien-être : Z-Score d'indicateurs OCDE
Cliquez sur un domaine pour explorer les dépenses et indicateurs associés.
Curieux d'en savoir plus sur les méthodes et choix derrière cette visualisation ? Cliquez pour une analyse guidée et détaillée sur l'étude de corrélation entre effort de dépenses publiques et bien-être.
Mathématiquement, 1 € luxembourgeois = 1 € lituanien = 1 € français.
Même monnaie, même taux de change, aucune conversion nécessaire.
Mais économiquement, un euro ne pèse pas le même poids selon l'endroit où il est dépensé. Nous proposons de quantifier l'effort fait en matière de dépenses publiques pour 16 États membres de l'UE, entre 2004 et 2023.
Le saviez-vous ? Le PIB irlandais 🍀 est artificiellement gonflé par l'effet dit «Leprechaun Economics», lié à la présence de multinationales. Le PIB du Luxembourg 🏦 est dans une situation similaire.
Notre métrique n'est donc pas parfaite, mais elle reste exploitable. Dans la suite de l'étude, on exclura ces deux pays.
Chaque domaine regroupe des postes budgétaires issus de la classification COFOG (Eurostat).
Nous associons à chaque domaine de dépense des indicateurs de résultat issus du Better Life Index de l'OCDE. Cliquez sur un domaine pour voir la correspondance effort ↔ bien-être.
Nous agrégeons ces indicateurs en z-scores normalisés : un score de +1 signifie un écart-type au-dessus de la moyenne des 14 pays (hors Irlande et Luxembourg), −1 un écart-type en dessous.
Pour mesurer la corrélation entre effort budgétaire et bien-être, nous utilisons deux coefficients complémentaires :
Compare les classements
Faire plus d'effort que les autres améliore-t-il mon rang ? Les pays sont classés séparément selon leur dépense et selon leur bien-être, puis nous calculons à quel point ces deux classements se ressemblent.
Un ρ proche de +1 indique qu'augmenter la dépense est associé à un meilleur classement bien être.
Mesure la relation entre les valeurs brutes
Faire plus d'effort améliore-t-il mes performances ? Il quantifie la force de la relation linéaire entre le % du PIB consacré à un domaine et le z-score de bien-être correspondant.
Un r proche de +1 indique qu'augmenter la dépense est associé à de meilleures performances bien être.
À partir des 9 domaines étudiés, nous calculons un score composite (moyenne pondérée des z-scores) et un % de dépenses publiques du PIB composite (somme des 9 postes budgétaires), qui nous permettent de classer chaque pays sur l'ensemble des 9 catégories.
Cela nous permettra de quantifier la corrélation entre l'effort en dépenses publiques et les indicateurs de bien-être, cette fois à l'échelle globale (les 9 domaines agrégés).
Les 9 postes budgétaires agrégés face au score composite de bien-être. Chaque pays est classé sur les deux axes.
Corrélation positive faible entre les classements — les pays qui dépensent le plus ne sont pas systématiquement les mieux classés en bien-être.
Corrélation positive modérée entre les valeurs brutes — il y a un lien linéaire réel, mais loin d'être déterminant.
En conclusion, les deux coefficients convergent vers le même constat : il existe bien une relation positive entre le niveau de dépenses publiques et le bien-être des populations, mais cette relation reste modeste.
En d'autres termes, dépenser plus aide, mais ne suffit pas. La qualité de l'allocation, les structures institutionnelles, ou des facteurs culturels et géographiques jouent probablement un rôle déterminant.
La corrélation globale nous donne une tendance d'ensemble. Mais elle masque les disparités entre pays.
Idée clé : pour chaque pays, nous calculons l'écart entre l'effort fourni (dépenses publiques) et le bien-être obtenu — en classement (rang effort − rang résultat) comme en valeur quantifiée (z-score).
Un pays efficace obtient un bien-être supérieur à ce que son niveau de dépense laisserait prédire. Un pays inefficace, l'inverse. La heatmap qui suit permet de visualiser ces écarts d'un coup d'œil, domaine par domaine.
Chaque cellule montre l'écart de rang (effort − bien-être). Un écart positif signifie que le pays fait mieux que ce qu'il dépense. Un écart négatif, l'inverse.
La colonne Σ écart additionne les 9 écarts domaine par domaine, tandis que le Composite compare les rangs globaux agrégés. Si ces deux valeurs divergent pour un pays, c'est que le tout n'est pas la somme des parties : des surperformances et sous-performances par domaine peuvent se compenser dans l'agrégat (voir le paradoxe de Simpson pour les plus curieux).
Trois profils emblématiques se dégagent du tableau.
1ers sur les deux tableaux. Les Pays-Bas affichent le meilleur écart composite et le meilleur z-score composite. Leurs dépenses publiques sont à la hauteur de l'indicateur de bien-être calculé : l'effort est efficace.
Avant-dernière (13e) en écart entre rang effort et rang bien-être composite. Pourtant, elle est 6e en valeur composite du z-score. Ses dépenses sont élevées par rapport à son classement : elle dépense beaucoup, mais le résultat reste honorable — un décalage typique entre effort consenti et rendement.
Dernière sur les deux tableaux. Pire écart composite et pire z-score de bien-être. L'effort budgétaire est faible et les résultats encore plus décevants : une situation où ni l'investissement ni le résultat ne sont au rendez-vous.
Cet indicateur composite agrège des données majoritairement objectives : espérance de vie, taux d'emploi, qualité de l'air, résultats scolaires…
Mais qu'en est-il du ressenti subjectif des citoyens ?
Un pays peut afficher d'excellents indicateurs sans que ses habitants se déclarent satisfaits — et inversement.
Nous proposons de comparer notre indicateur composite avec la « satisfaction à l'égard de la vie » (échelle 0–10, OCDE) et d'estimer la corrélation entre ces deux visions du bien-être.
Notre indicateur composite est très fortement corrélé positivement à la satisfaction à l'égard de la vie. C'est très rassurant ; les critères d'études de l'OCDE corroborent le bien être ressenti des citoyens. Remarquons que la France est le pays ayant le plus grand écart entre bien être composite et satisfaction déclarée.
Cette étude confirme une intuition largement partagée. Les corrélations globales (ρ = 0,34 ; r = 0,42) indiquent un lien réel, mais modeste, entre dépense publique et bien-être.
Le volume n'explique tout. Les Pays-Bas (9e en effort, 1er en résultat) et la France (1re en effort, 6e en résultat) l'illustrent à eux deux : ce n'est pas seulement le combien qui compte.
La vraie question reste ouverte. Les cas extrêmes mériteraient une analyse approfondie : les écarts reflètent-ils une meilleure allocation budgétaire, ou des facteurs non considérés (culture, géographie, cohésion sociale, ... ) ?
Limite. Mesurer l'effort en % du PIB présente des biais, comme l'illustre l'exclusion de l'Irlande et du Luxembourg. Recourir à la PPA (Parité de pouvoir d'achat) dans une suite permettrait une comparaison plus fidèle.